L'Oie blanche
«Il ne faut pas être négatif, mais réaliste: ça ne va pas bien dans le secteur manufacturier» de lancer M. Michel Gilbert, directeur général de Développement PME Chaudière-Appalaches lors d’une entrevue qu’il nous accordait la semaine dernière.
À court terme, M. Gilbert trace un portrait plutôt sombre de la situation dans Chaudière-Appalaches, une région à deux visages selon qu’on y inclut ou non le microclimat lévisien. Avec Lévis, le produit intérieur brut (PIB) par habitant, indice de richesse, atteint 90% de la moyenne québécoise; sans Lévis, il chute à 72%!
Sur la Côte-du-Sud, le revenu moyen par habitant, qui s’élève à 33 800$ dans L’Islet et 36 000$ dans Montmagny, fait figure d’enfant pauvre par rapport au reste du Québec. Le solde migratoire de la région laisse songeur. D’ici 2031, la MRC de Montmagny devrait perdre 6% de sa population contre 11% pour celle de L’Islet.
C’est un secret de polichinelle que le bois, le vêtement, le meuble et le textile font partie des secteurs qui connaissent des moments très difficiles.
Le nombre d’entreprises manufacturières ne cesse de décroître dans Chaudière-Appalaches. On en comptait 1 400 au passage du millénaire contre 1 200 aujourd’hui et fort probablement 1 000 bientôt. Toutefois, M. Gilbert ne voit pas nécessairement ce phénomène d’un mauvais œil: « Si on veut être réaliste, on se dirige vers une diminution du nombre d’entreprise manufacturières à cause de divers facteurs, comme la relève entre autres».
Solutions
Une fois ce constat établi, il faut passer à l’action et trouver des pistes de solution concrètes, la mission même de Développement PME Chaudière-Appalaches: «Notre objectif consiste à développer des entreprises manufacturières de haute qualité afin de les rendre compétitives sur les marchés mondiaux. Aujourd’hui, pour agrandir la tarte, il faut augmenter les exportations manufacturières» explique M. Gilbert.
L’organisme se targue d’agir de façon concrète en créant des clubs d’entrepreneurs, comme celui des leaders en amélioration continue de Chaudière-Appalaches, en coordonnant des groupements d’achat pour faire baisser le coûts de la matière première, en identifiant des occasions d’affaires à l’étranger et en encourageant les solution intégrées où plusieurs entreprises peuvent collaborer à la production d’un bien.
Selon M. Gilbert, l’art de l’entrepreneuriat en 2012 consiste à fabriquer et vendre des produits à valeur ajoutée: «L’avenir se trouve dans la production de biens industriels ou de consommation de qualité et exportables dans le monde entier» de soutenir celui se tourne vers l’Allemagne comme modèle de référence.
Culture d’entreprise
À ceux qui affirment que le Plan Nord va monopoliser la main-d’œuvre disponible, M. Gilbert rétorque que l’offre du sud doit être conséquente: «Une entreprise moderne doit considérer son capital humain comme l’une de ses plus importantes richesses. Pour qu’une entreprise fonctionne bien, il faut que les gens y soient heureux. En 2012, on ne base plus la compétitivité d’une entreprise sur les bas salaires de ses employés. L’entreprise doit s’adapter, sinon elle va mourir» de dire celui qui déplore l’appellation «Les Mexicains du nord» souvent accolée à Chaudière-Appalaches pour illustrer les bas salaires versés!
Par contre, le changement de garde qui s’annonce avec l’entrée en scène de jeunes loups bien formés réjouit M. Gilbert: «Autant je me désole quand je regarde la situation actuelle, autant je me console quand je regarde la relève».
Fleurons
Sur les 1 200 entreprises manufacturières de la région, Développement PME Chaudière-Appalaches compte environ 250 clients. Dans Montmagny-L’Islet, M. Gilbert classe Rousseau, Ouellet, Laprise et Ressorts Liberté parmi ses fleurons: «Il s’agit d’entreprises familiales où la relève a été bien faite. Tant que l’ancrage familial va demeurer, le cœur de l’entreprise va rester ici, ce qui se traduit par des emplois payants à valeur ajoutée. Ces entreprise vont devenir des pôles de croissance» conclut-il.
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