L'Oie blanche
Selon l’évêque du diocèse de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, on se dirige vers un autre type d’Église à cause du manque de prêtres: «Le passage peut être long. Il peut même y avoir un passage à vide».
Mgr Moreau pense qu’il va falloir trouver une autre façon de faire: «Que nous disent les personnes de moins de 60 ans? Elles croient aux grandes valeurs évangéliques, mais les rites ne leur parlent plus. Va falloir trouver autre chose».
L’ordination des femmes pourrait-elle renverser la vapeur? «Rome n’est pas ouverte à cette éventualité. Il y a eu du chemin de fait depuis 50 ans, et il en reste à faire. Mais au moins, on retrouve des femmes aujourd’hui au Vatican, alors qu’il n’y en avait aucune auparavant» de répondre Mgr Moreau.
Toutefois, selon celui-ci, les femmes sont très présentes dans notre diocèse: «Plusieurs paroisses seraient fermées, n’eût été de leur présence».
Silence
Interrogé sur la prière dans les conseils municipaux, Mgr Moreau estime qu’elle pourrait être remplacée par une période de silence: «À chacun d’en faire ce qu’il veut, mais ce pourrait être un beau temps de silence intense pour s’ouvrir l’esprit à ce qui va suivre».
Accommodement
Abordant le délicat sujet des accommodements raisonnables, Mgr Moreau estime qu’il faut apprendre à vivre dans la différence et le respect, ce qui ne veut pas dire de s’oublier. Selon lui, le fait que nous acceptions de tels accommodements «démontre que nous avons de l’avance sur les autres. Les pays musulmans, entre autres, ont du rattrapage à faire. L’avantage de vivre dans un pays laïque, c’est que toutes les spiritualités se trouvent sur le même pied» lance-t-il.
Églises
Quasiment impossible de rencontrer l’évêque sans lui parler du sort des églises dans le diocèse, la priorité pour 2012. Avec le diocèse de Gaspé, celui de Sainte-Anne est le seul au Québec à ne pas avoir vendu ou transformé une église. Or, certaines décisions vont s’imposer bientôt et le prélat annonce ses couleurs: «Si nous investissons juste pour sauver des bâtisses, en bout de ligne, nous n’auront pas sauvé grand chose».
Selon Mgr Moreau, l’heure est au carnet se santé: «Les fabriques devraient faire un carnet de santé pour avoir l’heure juste. Elles ne doivent surtout pas investir des sommes importantes sans savoir. Ceux qui se battent pour ces bâtisses, ce sont les 50 ans et plus. Or, il faut penser aux générations futures qui risquent d’hériter de la facture». Toutefois, Mgr Moreau préfère que les dossiers progressent lentement plutôt que de tout casser et commettre de graves erreurs.
«À Montmagny, il y a eu unification de l’équipe de pastorale et de certains services. Mais là comme ailleurs, le dossier avance lentement au sujet des deux églises» de conclure Mgr Moreau.
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