La semaine dernière, le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) publiait un rapport sur le profil de la relève agricole au Québec ayant comme année de référence 2007. Ce rapport présente les caractéristiques des exploitations agricoles dont la vente ou le transfert est prévu dans un horizon de cinq ans.
Le constat provincial est le suivant : plus de 11 % des exploitations agricoles, soit 3 280 fermes, ont identifié un besoin de relève. De ce nombre, 1 019 entreprises n’ont pas du tout de relève identifiée et près du tiers de ces exploitations sont dans le domaine laitier. Comparativement au dernier rapport avec année de référence 2000, la proportion des exploitations sans relève désignée est passée de 35 % à 39 %.
Dans Chaudière-Appalaches, deuxième région en importance provinciale au niveau de l’agriculture, près de 11,5 % des fermes (624 sur 5 435) ont identifié un besoin de relève d’ici cinq ans. Le nombre d’exploitations agricoles qui seront sans relève est de 182, soit 29 % (182 sur 624), ce qui équivaut à la statistique québécoise. Cette proportion était de 25 % en 2000.
Parmi les exploitations pour lesquelles une absence de relève a été identifiée, près de 91 % des entreprises sans relève ont des revenus de moins de 500 000 $. Les fermes qui rapportent des revenus de 100 000 $ et moins sont les plus nombreuses dans une proportion de 55 %. On observe qu’à mesure que les revenus diminuent, la proportion des fermes en besoin de relève augmente. Il faut comprendre que les exploitations acéricoles, entre autres, générant des revenus pendant quelques semaines dans une année, font partie de ces statistiques.
Ce besoin de relève prend sa source notamment dans l’impact démographique qui touche la majorité des secteurs de l’économie. En agriculture, un autre facteur considéré comme un des principaux obstacles à la relève est la nécessité de faire d’importants investissements pour acquérir une exploitation. C’est ce qui explique sans doute pourquoi les fermes ayant des revenus moins élevés ont de la difficulté à trouver leur relève, car les investissements demeurent importants et la rentabilité de celles-ci plus faible. Cela est d’autant plus vrai pour la relève non apparentée qui ne provient pas du domaine. Bonne nouvelle toutefois, la relève est davantage formée par rapport à 2000.
Finalement, pour aider la relève non apparentée, le MAPAQ a annoncé un nouveau fonds d’investissement; le FIRA. Celui-ci a été mis sur pied en collaboration avec le Fonds de solidarité FTQ et Capital régional et coopératif Desjardins. Les financements prendront la forme d’emprunts subordonnés aux créanciers habituels et de capital-actions à l’image de ce qui se fait dans les petites et moyennes entreprises.
Cette récente initiative d’assistance pour l’établissement des individus qui souhaitent travailler en agriculture est intéressante puisque même ceux sans lien familial avec le vendeur pourront en profiter. La relève de notre région saura sûrement profiter de ces outils mis à sa disposition.
Source : Mallette, comptables agréés